H.P.N.S. - trajectoire pirate à l'ère moderne

texte et mise en scène Léonard Matton

scénographie et lumières Léonard Matton

direction d'interprétation Roch-Antoine Albaladéjo

création musicale Claire Mahieux

costumes Jérôme Ragon

conseil machinerie François Pélaprat

collaboration artistique Camille Delpech

charge de production Alice Kuhn-Gaud

administration de production Mathilde Gamon

1 comédien : Léonard Matton

résidences au Théâtre d'Auxerre, le Centquatre-Paris, le Théâtre 13

coproduction l'Espace des Arts, scène nationale de Châlon-sur-Saône

LE SPECTACLE

Cette pièce s’inspire d’une histoire vraie ; récit d’un pirate d’aujourd’hui ; roman du créateur du premier marché sur le dark net.

Lendemains de la crise financière, 2010. Grâce aux nouvelles technologies apparues les deux années précédentes, Daniel s’élance dans une folle entreprise : créer une plateforme virtuelle qui permette l’échange marchand idéal - qui échappe à tout contrôle étatique...

Depuis que cette histoire est advenue, chaque année apporte de nouveaux éclairages – grotesques, absurdes, tragiques – sur ce sujet qui concerne l’ensemble des citoyens : la remise en question, par le numérique, de la vie privée.

Tout débute en 2010-2011 : deux années durant lesquelles ont eu lieu les révélations de WikiLeaks, Edward Snowden, Chelsea Manning, au suicide d’Aaron Swartz... sans que quiconque en mesure l’impact.

Le personnage de cette pièce met en lumière les enjeux de cette question en en montrant la face obscure.

Mû par des convictions politiques qui sont à l’opposé des miennes, et grâce aux outils TOR et Bitcoin, le personnage principal a codé une plateforme, « La Route des Épices », qui a permis la vente de « tout ce qui ne portait pas préjudice à la liberté d’autrui ». En particulier, des drogues.

 

Rompant peu à peu avec sa famille et ses amis, il s’est embarqué dans un navire de mensonges, jeux de dupes sous pseudonymes, attaques illégales menées par des services secrets corrompus, fortunes dématérialisées, mises en scène... jusqu’à ce que la réalité le rattrape violemment en 2015.

C’est une tragédie de la démesure, une comédie de masques, un roman de folie et un récit de pirates.

LA MISE EN SCENE

Le web est à la fois symbole de liberté et d’emprisonnement. Sa traduction - toile d’araignée - est tout autant piège mortel que maille unificatrice. Le deep web ou le dark net sont des termes qui ont cette ambiguïté sémantique et dont l’essence est à explorer.

Les trois piliers scénographiques - le navire pirate, la librairie et la toile - se traduisent physiquement tous trois par des lignes : cordages et sillages pour le premier, rayonnages pour le deuxième, maillage pour le troisième. La ligne guide ce projet comme un fil d’Ariane.

 

Le projet inclut dans cette perspective le faisceau lumineux comme un élément de décor: rai de lumière au sol matérialisé par de la fumée, néons visibles sur la scène, usant autant des horizontales que des verticales... Tout sera fait pour renforcer ce sentiment d’enchevêtrement dans lequel le personnage devient chrysalide.

La conception de la cage de scène procède ainsi d’une dynamique métathéâtrale : au début de la pièce, pendrillons et frises masqueront la structure cubique de ponts en métal ; puis à partir de la moitié du spectacle, le théâtre sera révélé - les pendrillons et frises seront écartés, et ne demeurera que le cube en structure aluminium, tel une prison mentale indispensable et indestructible.

Medium crucial à la figuration du darknet, trois vidéoprojecteurs apportent un dispositif d’images disproportionnées. Disposés pour diffuser en trapèze, ils offrent le moyen d’emprisonner le personnage entre un tulle et deux voiles. Daniel est englobé dans son mental mouvant. Les projections travaillées par mapping vidéo permettront d’étranges motifs et textures. Les messages de ses interlocuteurs anonymes deviendront lisibles, et la captation directe via trois webcams permettra le dialogue avec lui-même.

LA PRODUCTION

 

Le spectacle est coproduit par l'Espace des Arts, scène nationale de Châlon-sur-Saône et soutenu par le théâtre d'Auxerre, le Centquatre-Paris et le Théâtre 13. 

Le projet est actuellement en recherche de partenaires en coproduction pour une création en hiver 2022, et une diffusion en 2022 et 2023. 

© A2R Compagnie

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