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FORMATIONS PROFESSIONNELLES

organisme de formation agréé n°27890154889

A2R compagnie - Antre de Rêves souhaite promouvoir la transmission d’un savoir auprès des professionnels. Depuis sa création, les parcours de ses artistes permettent d'envisager un spectre de compétences sans cesse élargi.

 

 

Après avoir terminé le Cours Florent et la Comédie Française, Roch-Antoine Albaladéjo a prodigué durant huit années son enseignement – aux Ateliers du Sudden d'abord, puis à la Classe du Lucernaire dont il fut le directeur. Ses spécialités sont : le chœur, le corps, le groupe, l'alexandrin et la respiration du personnage à travers le texte.

Formé à Oxford à BADA et à Paris aux Ateliers du Sudden, Léonard Matton a animé des cours au sein du Labo de Xavier Gallais. Il a également enseigné à Sciences-Po Paris, les Cours Florent et les Cours Acquaviva. Son travail de direction repose sur la construction interne du personnage, le dialogue et la conception dramatico-scénographique de l'immersif.

DÉMARCHES

Si une formation vous intéresse :

- envoyer un mail à a2r.compagnie@gmail.com en indiquant votre souhait, votre nom et votre numéro de téléphone

- la compagnie s'engage à vous écrire en réponse dans les 72 heures

- suite à cet entretien de cadrage, une fiche de renseignements et un questionnaire de positionnement vous seront immédiatement transmis afin de commencer à préparer votre dossier.

Le questionnaire de positionnement a pour objectif d’adapter la formation (rôles abordés, auteurs, etc) en fonction de vos besoins et de votre niveau de connaissances préalable.

- il vous sera également demandé d’envoyer à a2rcompagnie@gmail.com votre CV ainsi qu’une vidéo de présentation qui nous permettra d’évaluer vos aptitudes (élocution, corporalité, intelligence de texte…)

HANDICAP

Accompagnement spécifique pour les stagiaires en situation de Handicap.

Vous êtes en situation de handicap et souhaitez suivre une de nos formations ? nous vous remercions de télécharger la plaquette d’information ci-dessous :

 

 

 

 

Nous sommes à votre écoute afin de mettre en œuvre l’ensemble des conditions d’accueil nécessaires et adaptées à vos besoins.

TAUX DE SATISFACTION

CRITÈRES ÉVALUÉS

1. qualité du programme

2. qualité des supports pédagogiques

3. qualité des formateurs

4. réalisation des attentes

5. impression générale

TAUX DE RÉUSSITE

CRITÈRES ÉVALUÉS

1. accomplissement du programme

2. progression des tous les bénéficiaires

3. absence d'abandon

100%

EXCELLENT               BON

86%                    14%

Prochaine formation


SOURCES CRÉATIVES DE SPECTACLES IMMERSIFS
du 30 mai au 11 juin 2022
 
financement Pôle Emploi ou AFDAS
(cliquer sur le logo ci-dessous pour accéder à notre tuto)


financement personnel possible en fonction des places disponibles (nous contacter)
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Prérequis : il sera demandé aux participants de tenir le journal de leurs rêves du mois précédent.

PROGRAMME RÉSUMÉ

semaine 1

 

- constitution de groupes / techniques du texte / improvisations

- rapport « scène-salle » / envahir l’espace / spectateur·rice·s

- récit de rêves / archétypes & symboles / dramaturgie

- déambulation / arborescence / élaboration de personnages

- interactivité / secrets / expérience & « paraspectacle »

 

 

semaine 2

- spatialisation des rêves / rythmique / réalité & fantasme

- constitution de mythe / résonance contemporaine

- répétitions / interprétation / jeu dans un contexte désacralisé

- gestion des flux / présentation ouverte / rendu final public

STAGE - PRINTEMPS 2022 - 80 HEURES

du 30 mai au 11 juin . lundi au samedi

direction Léonard Matton 

collaboration Roch-Antoine Albaladéjo et Camille Delpech

15 à 20 stagiaires maximum

(expérience ou formation en cours requise)

Le théâtre immersif surgit en France. A2R compagnie – Antre de Rêves est la première structure à avoir pensé et créé, en 2018, un lieu entièrement dédié à ce dispositif.

Léonard Matton et Roch-Antoine Albaladéjo souhaitent partager, à travers un stage professionnel, l’expertise développée en élaborant ce lieu et son spectacle phare : Helsingør - château d’Hamlet. Ce stage est destiné aux comédien·ne·s qui désirent élargir leurs acquis ; aux metteur·se·s en scène qui souhaitent expérimenter les spécificités de la direction dans un dispositif immersif ; aux auteur·rice·s, qui travaillent sur ce dispositif (dans ses multiples formes : théâtre, sonore, web, jeu vidéo, VR AR...).

Sur la base de trois textes shakespeariens adaptés – Helsingør, château d’Hamlet / Un Rêve au cœur d’une nuit d’été / Le Fléau, mesure pour mesure – vous créerez un segment de dispositif immersif échaffaudé sur la base de vos propres rêves ou cauchemars, et relié aux thématiques principales de chacune des pièces : folie, magie et oppression sociale.

Le stage visera, durant la présentation finale d’expériences immersives, la résonance inconsciente que crée l’immersif entre l’interprète et son public, devenu individus « spect-actrice » et « spect-acteur ».

LIEU

Théâtre de l'Épée de bois, Cartoucherie de Vincennes (75012)

TARIFS

80h

2.600€ (financement AFDAS ou Pôle Emploi possible)

En cas d'impossibilité de financement, nous contacter à

a2r.compagnie@gmail.com

PROGRAMME DÉTAILLÉ

SEMAINE 1 · DISPOSITIF

J1

groupes / techniques du texte / improvisations

Le travail d'A2R compagnie – Antre de Rêves repose fondamentalement sur la troupe. Le théâtre immersif fonctionne avec un ratio maximal de 15 spectateur·rice·s par interprète, donc il implique un nombre important de professionnels qui doivent acquérir plusieurs techniques spécifiques permettant d'adapter leurs savoirs-faire à ce dispositif particulier. Des exercices destinés à favoriser la fluidité physique du groupe seront quotidiennement abordés chaque matin, afin de fluidifier la confiance de tou·te·s : échauffement, guides aveugles, tableaux, machines et rythmiques.

En prenant pour base des textes shakespeariens, le stage propose par ailleurs de découvrir cette langue foisonnante et de travailler sur sa triple dimension : théâtrale, épique et poétique. Le travail sur la connexion voix / pensée et sur le découpage mot / phrase / idée a permis à la compagnie, depuis ses débuts, de donner le sentiment d'une immédiateté des textes dits classiques. Ceci est d'autant plus important dans ce stage que le théâtre immersif impose des variations allant de l'intime cinématographique à l'invocation épique, et qu'il faut, pour atteindre cette virtuosité, expérimenter de manière inhabituelle les outils que sont la voix et le corps, dans une profération de la parole « à 361° » et dans des espaces divers et aux résonances multiples.

L'improvisation fait partie intégrante de l'immersif. Il y a les moments d'interactivité possible avec un public dont les flux se révèlent différents chaque soir, mais il y a également les parcours solitaires des personnages. Nous conclurons ainsi la première journée par des improvisations silencieuses, en perspective de l'écriture dramaturgique du « paraspectacle » (cf. jour 6).

 

J2

rapport « scène-salle » / envahir l’espace /

inclure les spectateur·rice·s

 

La caractéristique première de l'immersif théâtral est sans doute la disparition de la séparation entre la scène et la salle. Au-delà d'une brisure du quatrième mur, c'est une prise de risque pour l'interprète qui évolue dans un espace fluctuant, à quelques centimètres parfois du public. Il·elle doit à la fois moduler l'espace indispensable à son jeu, et affronter en permanence le réflexe de la majorité du public à recréer cette séparation. Nous aborderons donc, par des exercices corporels, les différentes manières de bouger dans l'espace immersif : puits gravitationnels, force centripète, ellipses, force centrifuge, puissance linéaire.

Ainsi c'est un savoir-faire particulier que nous proposons de développer aux comédien·ne·s, mais aussi aux metteur·se·s en scène, voire aux auteur·rice·s intéressé·e·s par ce dispositif : une capacité accrue d'anticipation des événements physiques dans un espace non-sacralisé et l'aptitude à contrer ces événements si besoin. Ce ne sera pas un travail « de rue », car le public de l'immersif n'est pas un flux « qui passe » : tout au long de ce stage, sera développé la nécessité de parvenir à faire émerger une dimension sacrée, mais une nouvelle : non plus un espace scénique protégé mais une succession de moments, en mouvement continu. Durant le travail de cette deuxième journée, chaque stagiaire éprouvera, sous forme de jeu de rôles, les différents types de spectateur·rice ayant assisté à Helsingør, afin de bousculer les réflexes acquis pour un théâtre traditionnel, et pour permettre à chacun·e de comprendre les nouvelles compétences à développer durant le stage.

L'objectif de ces deux premières journée est 1) de transmettre ce qui fait la spécificité de l'immersif théâtral 2) d'apporter la nécessaire confiance mutuelle dans un groupe d'artistes et de technicien·ne·s, mais également la confiance en un public aux réactions souvent imprévisibles. Au delà des éventuelles déambulations, arborescences ou interactivités, c'est l 'acquisition d'un savoir-faire dont dépend toute une esthétique de la sensation. L'inclusion du public se fait par le « hic et nunc », l'ici et maintenant, mais également par l'ailleurs (en latin, « alibi »). En particulier lorsque plusieurs scènes sont jouées en même temps, mais plus simplement aussi lorsqu'un·e spectateur·rice décide de se déplacer dans une salle au cours d'une scène pour observer d'un point de vue différent. Les cinq types de relation physiques avec le·la spectateur·rice seront explorées en fin de cette journée afin de parvenir à créer créer un monde de sensations, unique pour chaque individu : attribution de personnages à une foule, contacts fantomatiques, seul-à-seuls, réifications, absences.

 

J3 / J4

récit de rêves / archétypes et symboles /

transcription dramaturgique

Au-delà de la spécialisation du travail sur l'immersif, la partie suivante du travail favorisera l'émergence d'une esthétique personnelle à chaque stagiaire basée sur leurs rêves ou cauchemars récurrents. Par exemple, pour Helsingør, château d'Hamlet, j'ai travaillé 1) au cours de l'adaptation dramaturgique, sur mes cauchemars de fuite éperdue ; 2) durant les répétitions du monologue « être ou ne pas être », sur des sensations rêvées d'incapacité à me mouvoir et à agir. J'ai modelé ainsi, entre ces deux dynamiques, une grande partie de ma dramaturgie, le travail avec les acteurs et la rencontre avec les spectateurs. J'ai fait rentrer tout cela dans une esthétique de la frustration qui m'a servi à toutes les étapes du travail. J'ai également travaillé sur mes cauchemars d'enfants : apparitions de fantômes silencieux et sons de spectres invisibles, et je les ai incorporés au spectacle. Nous travaillerons ainsi avec les stagiaires sur les images, les sons et les sensations qui nourrissent la psyché de chacun·e afin de faire émerger des visions personnelles puissantes, pouvant être un socle pour les différentes étapes de travail d'un spectacle : écriture, mise en scène et interprétation.

L'important étant de générer une théâtralité qui, en partant d'un individu, vise l'universel : il paraît crucial, dans les arts du récit, de trouver des motifs ancré dans l'inconscient qui peuvent toucher directement l'intuition de chaque spectateur·rice. En particulier dans l'immersif où le public est disloqué. Une grande partie de la troisième journée sera consacrée aux archétypes, tel que les a mis en lumière C.G. Jung. Cela permettra de favoriser la représentation intuitive et faire fi de la raison.

Car le procédé immersif génère une dynamique particulière qui en fait l'originalité. Cela implique de s'abandonner à son instinct. Dans ce dispositif, la dramaturgie nécessite d'enclencher une régression primitive chez celles et ceux qui vivent l'expérience, interprètes et public confondu. Il faudra donc travailler durant le quatrième jour à synthétiser puis écrire et lire, mettre en scène et raconter, répéter et jouer ses rêves / cauchemars devant les

autres. En faire un acte théâtral dans l'objectif des jours suivants : parvenir à raconter une histoire de Shakespeare dans un style personnel et artistique, en s'adressant aux différents niveaux de conscience du public ; le rêve / cauchemar est pour cela l'un des outils fondamentaux de la compagnie.

J5

déambulation / arborescence /

« multi-puissance » de personnages

L'une des clefs de l'enthousiasme généré par Helsingør, château d'Hamlet sont les aspects de déambulation et d'arborescence qui étoffent l'univers du récit, et c'est ce sur quoi sera consacrée la fin de la première semaine. La strate immédiatement perceptible sera abordée le cinquième jour. Une seconde strate, celle des récits en filigrane, seront développées le sixième.

Dans le but d'établir un rythme particulier, de l'écriture à l'interprétation en passant par la mise en espaces, des exercices de rythmiques communes seront répétés dans le but de parvenir à des tempos communs. Cela est indispensable à une bonne organisation des déplacements. Un aspect de la déambulation immersive (pour l'interprète comme pour le·la spectateur·rice) est la possibilité de découvrir des moments d'in-action. L'écriture, la mise en scène et l'interprétation doivent alors travailler à théâtraliser ces moments. Pour Helsingør, château d'Hamlet, ce fut par l'incorporation de Sonnets de Shakespeare, par les actes de maquillages de danses, et par les étirements du temps (vapeurs étourdissantes inhalées par la reine, concoction de poisons par le roi, etc).

Car l'arborescence est cruciale dans l'immersif tel que l'a pratiqué A2R compagnie. Plusieurs scènes étant jouées en même temps, faire face à des intérêts fluctuants et divergents de la part de membres du public est permanent et il est utile de proposer des scènes où il ne se passe pas d'action dramatique. Un travail de dramaturgie sera donc demandé aux stagiaires en début d'après-midi, afin que chacun·e conçoive une narration in-active, en travaillant sur la manière de repousser en permanence l'horizon d'attente et générer une frustration pour le public : vaut-il mieux rester et regarder ce qui pourrait advenir ou bien partir à la recherche d'actions plus fortes ? Chaque membre du public réagit de manière unique et ce choix est une partie cruciale de l'expérience, permettant de faire ressentir à chacun·e leur propre manière d'appréhender le théâtre.

Enfin, ce qui permet d'allier ces deux mécanismes de déambulation et d'arborescence, c'est la constitution de personnages puissants à des niveaux multiples, et cela se fait par l'écriture, la mise en espaces et par l'interprétation. L'idéal d'un spectacle immersif est que chaque interprète soit « en scène » durant l'intégralité du spectacle. Dans Helsingør, château d'Hamlet, certain·e·s spectateur·rice·s faisaient le choix de suivre des personnages a priori secondaires comme Rosencrantz et Guildenstern, par exemple. Malgré des dialogues moins fourni que d'autres personnages, leur point de vue offrait une multitude d'interprétations que ne pouvaient percevoir que celles et ceux qui choisissaient de les accompagner. Nous aborderons donc en fin de journée des exercices de constitution de physicalité spécifique de personnage, de « boite à outils » psychologique et d'invention de récits antérieurs, afin de rapidement créer des silhouettes, des démarches voire des idées d'accessoires spécifiques (ces derniers pouvant être, dans un dispositif immersif, observés par des spectateur·rice·s).

J6

interactivité / secrets et « hors-scène » /

expérience et « paraspectacle »

Suite à la constitution de personnages « multi-puissants », nous pourrons aborder en fin de semaine, le quatrième (et sans doute en réalité le plus difficile) aspect de l'immersif : l'interactivité. En effet, si le but est de rendre sacré le temps dans un espace qui ne l'est pas, comment peut-on demander à des membre du public d'agir, au-delà de leur offrir le choix de tel ou tel parcours ? Comment maintenir une théâtralité épique si chacun·e peut parler avec ses propres mots ? Shakespeare étant l'une des bases de ce stage, et tou·te·s les spectateur·rice·s ne connaissant pas Shakespeare, nous n'aborderons pas la question de l'interactivité avec cet auteur. Toutefois, nous montrerons plusieurs possibilités permettant de faire agir les membres du public au-delà de leurs réactions instinctives, et de pleinement devenir spect-acteur·rice à certains moments de la représentation. En reprenant le travail de tableaux et de machines, nous ferons des exercices de miroirs, de reproductions de gestes à l'aveugle et d'incorporation subite dans des chœurs chantés ou en mouvement, afin de développer 1) la confiance des auteur·rice·s et metteur·se·s en scène en ce processus (car c'est dans l'écriture contemporaine qu'il sera possible d'à la fois générer de l'épique et de l'interactivité), 2) une attention « sophrologique » à l'interacteur·rice, basé sur le travail de respiration et de détente physique.

Nous travaillerons également sur la notion de narrations parallèles, en développant les « secrets » de chaque personnage, qui furent une des constituantes de Helsingør au Secret, rue Larrey, en 2018. La dernière partie du travail avec les interprètes avait été de demander à chacun·e d'élaborer un secret intime. Ces secrets étaient distribués afin de tirer parti de toutes les dimensions de l'art théâtral : écrits, visuels, sonores, éléments de décors, etc, sous forme d'action... Tout cela propose au public des narrations parallèles qui augmentent la dimension «hors-scène». Cette partie du travail sera à travailler en dehors des heures de stages et tout particulièrement au cours du week-end entre les deux semaines.

Enfin, pour terminer la semaine et afin que les stagiaires puissent profiter de leur week-end pour réfléchir au projet qu'ils·elles auront à élaborer au cours de la seconde semaine, nous aborderons la dimension du « paraspectacle ». Cela fait, à notre sens, partie intégrante de l'expérience d'un spectacle immersif. Ce sont les étapes qui précèdent le spectacle et celles qui le succèdent. D'abord en amont, de la réservation du billet au jour J et lors de l'accueil dans le lieu du spectacle. Ces moments sont des étapes qui préparent à l'univers auquel le public sera confronté, mais qui doivent faire ressortir les grands thèmes du spectacle pour en initier sa rythmique. Au cours du stage, les trois pièces qui serviront de base au travail, sont Hamlet, Le Songe d'une nuit d'été et Mesure pour mesure. Les trois thèmes de ces pièces sur lesquels nous travaillerons seront la folie, la magie et l'oppression sociale. Ces trois thèmes permettent d'élaborer des étapes de narrations très diverses, et c'est ce sur quoi les stagiaires auront à réfléchir pour la seconde semaine. De la même manière, ils·elles auront à songer à la manière de continuer à raconter l'histoire après le spectacle.

SEMAINE 2 · CRÉATION

J7

spatialisation des rêves / rythmique

de l’inconscient / réalité et fantasme

La seconde semaine axe le travail sur la construction d'un projet, sur la base des outils abordés au cours de la première semaine. Les stagiaires recevront un mail le dimanche matin qui les répartira en trois groupes : un par pièce. Chaque groupe se verra attribuer un extrait d'une quinzaine de minutes, et chaque stagiaire se verra désigner un rôle et trois minutes environ de scène à concevoir. Suivant les professions des stagiaires, ce travail comportera plus ou moins de texte, permettant : 1) aux auteur·rice·s de développer leur dramaturgie sur des scènes sans texte à peu de personnages, 2) aux metteur·se·s en scène d'élaborer leur construction scénique sur des scènes avec de nombreux personnages mais plutôt silencieuses, et 3) aux interprètes de travailler sur des partitions particulièrement étoffées. Mais tou·te·s auront à expérimenter une part d'écriture, de mise en espaces et d'interprétation.

Sur cette base, chaque stagiaire aura d'abord à déterminer un espace de travail pour son projet, en fonction de son rêve / cauchemar. Le lundi matin sera consacré à l'explication de chaque projet. Ensuite, chaque stagiaire aura pour mission de développer son style personnel en trouvant la rythmique adaptée à l'espace, au texte et au rêve / cauchemar. Cette rythmique implique de modifier le temps réel, soit en l'accélérant, soit en le ralentissant. Cette étape impliquera un travail à la table de chaque scène par petits groupes.

Enfin, la première journée de la seconde semaine se terminera par des mises en situation afin d'explorer, pour chaque scène, le rôle du public et le degré de réalité ou de fantasmagorie qu'il faut lui octroyer. Cela déterminera la manière d'entrer en relation physique avec chacun·e, interprète ou membre du public, et la notion de consentement muet. Le consentement est une donnée fondamentale des spectacles immersifs en raison de la proximité physique, et est à prendre fortement en considération.

 

J8

constitution de mythe / résonance contemporaine

Ensuite, le travail avec les stagiaires s'axera sur la constitution épique de leur projet, à la fois sur la dramaturgie, la mise en espace et l'interprétation, dans le but de constituer un ensemble mythique. C'est ce qui donne au public le sentiment du caractère exceptionnel et expérientiel de chaque instant. En puisant dans les grands récits historiques, mythologiques et religieux, les stagiaires auront à trouver des résonances qui ancreront leur travail dans une universalité.

En symétrie de ce travail, l'après-midi de cette journée se focalisera sur l'émergence d'une réalité immédiate, voire contemporaine, de leur projet. Un travail de jeu de rôles sera employé pour cela dans le but de créer une impression cinématographique de gros plan, voire de contact avec des spectateur·rice·s individuel·le·s. Tout cela renforcera l'impression

immersive par le « micro » et permettra d'atteindre une catharsis difficile à faire naître dans un théâtre traditionnel aujourd'hui.

En fin de journée, à partir de ces deux dimensions (mythique et contemporaine), seront esquissées les variations qu'auront à travailler les stagiaires sur leur projet, passant de l'infiniment grand à l'infiniment petit, et de développer leur virtuosité d'artistes.

 

J9 / J10 / J11

répétitions / interprétation / jeu dans un contexte désacralisé

Trois journées seront ensuite consacrées à des répétitions, afin d'ancrer profondément toutes les pistes de travail qui auront été abordées et choisies précédemment. Accompagnés des trois metteur·euse·s en scène qui feront travailler chacun·e les trois groupes, les stagiaires auront alors à se laisser diriger dans ce contexte particulier de l'immersif, où l'interprète doit à la fois faire confiance à l'ensemble de la troupe, et respecter l'homogénéité précise qu'impose l'arborescence.

La qualité d'interprétation sera travaillée avec exigence et l'endurance sera requise pour parvenir à une fluidité qui fait tout le plaisir de l'expérience, pour le public comme pour la troupe.

Pour ce faire, et afin de tester les difficultés les plus diverses, les répétitions pourront par moment avoir lieu dans des espaces non-sacralisés : dans la rue, dans des espaces verts, dans des lieux privés, abordant ainsi l'aspect « théâtre de rue ».

J12

gestion des flux / présentation ouverte / rendu final public

Le travail auquel sera consacré le dernier jour sera celui de la rencontre avec le public. Pour l'interprète, mais aussi les metteur·euse·s en scène (voire les dramaturges qui peuvent apporter des éléments narratifs pour aider à cela), il est question de la puissance à mettre « en jeu » afin de gérer les flux de spectateurs. Nous travaillerons donc une série d'exercices destinés à déployer avantageusement cette puissance : au travail d'assouplissement quotidien du corps et de la voix, nous ajouterons des étirements oculaires, de la langue, des mains et des pieds. Nous ferons des mises en situation où chacun·e aura à expérimenter l'inertie d'une foule et devra parvenir à évoluer dans des dispositions de public différentes : déplacements au sein de rassemblements, courses, dispersions de groupes, incitations au mouvement du public par le geste ou le regard, etc.

Les dernières répétitions l'après-midi ouvriront les portes de l'atelier à un public non-sacré. Une « salle ouverte » permettant à des connaissances ne pouvant être présentes plus tard de venir observer le travail en train de se constituer.

Enfin, un rendu public sera représenté, à une heure consacrée et dans un espace mythifié par le travail de ces douze journées.

Puis nous nous séparerons, satisfait·e·s du travail accompli, avec l'espérance de nous revoir pour poursuivre ce travail expérimental et inédit sur l'immersif.